Le conseiller aux Etats Ruedi Noser s’exprime sur la numérisation

L’entrepreneur en informatique …

L’ACC avait invité M. Ruedi Noser en qualité d’orateur du jour lors de son assemblée des membres du 8 mai 2019 parce qu’il est, d’une part, un parlementaire qui bénéficie d’un aperçu sur l’administration fédérale depuis l’année 2003 et, d’autre part, un chef d’entreprise dans la branche de l’information et de la communication. La numérisation, qui occupe également l’administration fédérale, est activée par la technologie, par la technique de l’information et de la communication, TIC. Occupant plus de 500 collaboratrices et collaborateurs, le groupe Noser appartient aujourd’hui aux plus grandes entreprises TIC de la Suisse. Les compétences du groupe se trouvent dans le domaine de la télécommunication et de l’informatique. Le groupe appartient aux fournisseurs de pointe de solutions et de prestations de services TIC en Suisse.

… qui ne s’est pas exprimé directement sur la suppression de postes de travail

L’ACC avait proposé à l’orateur le thème suivant : « Administration fédérale et numérisation : 20 à 30 % du personnel de la Confédération pourraient se voir supprimés ? » Les technologies TIC permettent de simplifier les déroulements de l’administration et d’augmenter la productivité du travail. L’orateur avait relevé ces chiffres lors d’une autre manifestation, en tant que gains d’efficience grâce à une numérisation conséquente. Le conseiller d’Etat Ruedi Noser nous a parlé librement et sans moyens techniques auxiliaires. Il commenta ses thèses de portée générale en les étayant par des exemples parlants.

 

Numérisation

Ce terme n’est utilisé que depuis quelques années. Pourtant, le phénomène existe depuis longtemps déjà. Jusqu’ici, la numérisation consistait à représenter la réalité de façon numérique. Un exemple de cela est le fait de photographier avec une caméra numérique ou de scanner des documents transmis ensuite aux employé-e-s en tant que documents PDF. Maintenant et c’est nouveau, des systèmes virtuels influencent la réalité. Comme exemples, on peut citer la conduite autonome de voitures (e-mobilité : voir les essais avec des automobiles postales) ou l’impression en Print 3D qui modifie les processus de production.

L’élément central de la révolution numérique est la plate-forme économique

Qu’il s’agisse de la transmission de services de taxis, de la réservation de chambres d’hôtels, de la location d’appartements ou de l’achat de marchandises, etc, il y a toujours plus d’exploitants de plates-formes venant principalement de l’étranger qui pénètrent nos marchés. Sur des plates-formes numériques (au moyen par exemple d’applications et de smartphones), ils relient entre eux les clients et les fournisseurs de prestations de services et de produits. Les clients trouvent toutes les offres au même endroit, peuvent comparer les prix et les fonctions et commander immédiatement. Des systèmes de paiement sont aussi souvent liés à ces processus.

Les entreprises prestataires peuvent utiliser une infrastructure entièrement développée, sans qu’elles doivent la monter elles-mêmes. Elles économisent des coûts lors de la location de locaux d’affaires et dans le cadre du marketing. Elles versent pour cela des droits substantiels aux exploitants de la plate-forme. Etant donné que le marché est transparent, les prestataires ressentent une pression sensible sur le prix et l’innovation. La concurrence est plus rude.

Un bon exemple de numérisation se trouve être le projet DaziT de l’Administration fédérale des douanes (AFD). Les annonces pour la douane pourront être liquidées directement par les importateurs, en ce sens que lesdites annonces se verront transmises en ligne dans le système de l’information, y compris le décompte de la taxe à la valeur ajoutée (TVA). Le dédouanement des marchandises à la frontière tombe.

 

Qui est concerné par la numérisation?

Tous les domaines ayant à faire avec l’information doivent s’attendre à de grands bouleversements. Et ils sont très nombreux ! Des professions actuelles, telles que celle de fonctionnaire de douance, seront appelées à disparaître, alors que de nouvelles professions seront créées.

Quelles sont les répercussions de la numérisation?

Des liaisons territoriales vont perdre de leur importance. Sur des plates-formes numériques, des clients et des prestataires de toute la Suisse et de l’étranger se trouveront reliés. Là où le prestataire a son siège ne jouera plus un grand rôle.

Une pensée étriquée est dépassée. Des registres du commerce cantonaux, etc., sont à mettre en question. Nous devrions penser et agir globalement, c’est-à-dire offrir à l’extérieur depuis la Suisse des plates-formes numériques afin d’utiliser également pour notre pays les chances énormes offertes par la numérisation.

Si des plates-formes sont utilisées par des prestataires de l’étranger, les recettes et les droits vont s’y déverser. Aucun impôt et aucune cotisation ne seront alors déduits de ces recettes au bénéfice d’assurances sociales.

L’économie de plate-forme met le droit du travail en question. Des organisations telles que l’AVS et la SUVA (CNA) englobent des activités qui sont réalisées en tant qu’indépendants ou employés. Ces descriptions ne seront pas correctes dans la réalité numérique (Par exemple, des conducteurs de taxis Uber sont-ils en tant que partenaires des employés ou des entrepreneurs ?).

La vulnérabilité de systèmes électroniques augmente fortement à cause de la prolifération accrue d’appareils mis en réseau : Cybersécurité. La protection des données également doit être orientée à nouveau.

Beaucoup de choses sont incertaines et difficiles à évaluer. Des développements, liés à un gain significatif en efficience, vont dès lors s’imposer.