Attaque de l’UDC sur les salaires des cadres à la Confédération

Réduction de salaire des employé-e-s de la Confédération à partir d’un salaire annuel de 100’000 francs pour les deux prochaines années de 5 % au minimum.

 

Le 19 juin 2020, le conseiller national Thomas Burgherr (UDC/AG) a déposé une motion qui invite le Conseil fédéral à réduire les salaires des employé-e-s de la Confédération, à partir d’un salaire annuel de 100‘000 francs, pour les 2 prochaines années de 5 % au minimum. Cette revendication est justifiée comme suit :

Eu égard à la situation tendue qui règne dans l’économie privée, là où de nombreux travailleurs perdent leur place de travail ou ne gagnent temporairement plus que 80 % de leur rémunération, alors que le chiffre d’affaires de nombreuses entreprises s’effondre, cette motion demande un geste de solidarité au temps de la crise. Cette crise concerne massivement l’ensemble de l’économie privée, du côté des employeurs comme de celui des collaboratrices et collaborateurs.

Le personnel de l’Etat très bien rétribué avec des salaires à partir de 100’000 francs par année doit ainsi contribuer à l’atténuation des énormes dépenses extraordinaires de l’Etat générées par la crise du coronavirus et des recettes moindres prévisibles à cause de la crise économique. Toutes et tous doivent se serrer quelque peu la ceinture au cours des années à venir. La charge supplémentaire des collectivités publiques ne doivent pas être imputées unilatéralement aux seuls contribuables. En l’occurrence, l’Etat lui-même ne saurait en être exclu. C’est de cette manière seulement que nous demeurerons crédibles et empêcherons des situations inéquitables.

Face à des salaires à partir de 100’000 francs par année et sans devoir assumer un risque entrepreneurial, cette réduction symbolique de salaire ne plonge personne dans la misère. Ce serait purement et simplement un geste de solidarité. Il y aura moins de recettes fiscales et les coûts sociaux continueront d’augmenter de manière significative. Il s’agit ensuite de se défaire du nouvel endettement conséquent de cette année. Nous devons supporter maintenant cet état de fait tous ensemble.

Remarques de l’ACC

Le sacrifice salarial exigé des cadres met en place un faux signal. Il atteindrait avant tout chaque groupe de personnes qui a été mis le plus fortement à contribution lors de la maîtrise de la crise engendrée par le coronavirus, tout en fournissant des heures supplémentaires. D’autres employeurs, tels que la Poste, ont reconnu les prestations extraordinaires de leur personnel pendant la crise en lui octroyant une prime. Une réduction de salaire qui toucherait quelque 18’000 employé-e-s s’avère démotivante et affaiblit le pouvoir d’achat. Avec tous les moyens dont elle dispose, l’ACC s’engagera pour que cette réduction de salaire injustifiée et unilatérale soit rejetée. La même attitude s’applique face à la revendication de l’Union démocratique du centre UDC du 26 juin 2020 voulant une suppression de postes dans l’administration fédérale.